Définir les bases de la permaculture, les comprendre, les saisir, implique d’élargir notre système de pensées. Car si certains restreignent le concept à une simple technique de production de légumes, la permaculture va en fait bien au delà… Définie par ses pères, Bill Mollison et David Holmgreen, cette manière d’aborder la vie est à l’image du rapport que les peuples premiers entretenaient avec le monde : c’est une démarche de conception éthique visant à construire des lieux de vie durables, puisque calqués sur le fonctionnement de la nature, respectant l’ordre cosmique.

La permaculture amène à penser, en plus des manières de produire notre nourriture, sur la manière de construire, de rester en santé, de gérer l’énergie, d’éduquer, de vivre en société, de respecter l’autre et soi-même ; de se réaliser, notamment par l’art des joies simples, le partage, l’action, le bien être, la créativité, la contemplation. La permaculture est un acte politique au sens noble, puisque visant à soutenir l’implantation de sociétés modernes respectueuses et créatives, durables et solides, sans emprunte écologique. Mieux encore même : dans ses modèles agricoles, la permaculture envisage que les substances nécessaires à nos (vrais) besoins soient prélevées dans un milieu tout en le régénérant. On parle alors d’aggradation, l’inverse de ce qui est induit par les sociétés capitalistes visant le court terme, les profits et entièrement basées sur les phénomènes de dégradation.

A travers la permaculture, nous grandissons en même temps que les plantes de notre jardin, nous vivons avec elles et avec les insectes, les champignons, le monde visible et invisible, abandonnant peu à peu nos croyances duelles et anthropomorphiques. Nous réalisons que nous sommes un élément capital du grand tout, au même titre que le vent, le feu, les plantes, les micro-organismes, les minéraux, le sol, l’eau, les autres animaux… Ainsi approchées, les grandes bases de la permaculture peuvent aussi être résumées :

  • observer avant d’agir, se donner du temps
  • commencer petitement et puis s’étendre
  • cultiver les vertus
  • s’inspirer de la nature, de sa diversité, essayer de comprendre ses lois, la complexité merveilleuse des systèmes, utiliser les effets de bordure, les interactions d’écosystèmes mêlés
  • utiliser et développer les ressources existantes
  • conserver la matière et l’énergie (recycler, faire circuler, optimiser, aggrader, faire croître, être acteur sans dominer…)
  • travailler avec la nature, jamais contre elle, le problème étant la solution, tout obstacle devenant possiblement une opportunité
  • prélever sa part dans un lieu, donc, tout en le restaurant
  • échanger, troquer, diffuser
  • penser dans l’espace et dans le temps, envisager les crises passées, présentes et à venir pour édifier un monde vert et bienveillant
  • s’amuser, remercier, rester en éveil, curieux(se), inspiré(e) et, jusqu’à la dernière minute, toujours vivant.
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